À l’aide ! Quand rien ne va plus…

Publié dans le Magazine Speed, printemps 2008.

Épuisement professionnel ou déprime qui s’éternise, indécision et confusion qui paralysent, paniques, angoisses incontrôlables. Malgré notre recherche de bonheur, la vie est aussi faite de périodes sombres et il est parfois difficile de trouver l’aide dont on aurait besoin. Quand les amis et la famille ne suffisent plus, vers qui se tourner ? Un psychologue ? Un psychiatre ?« Mais, je ne suis pas fou ! »

Le médecin de famille (si vous en avez un) est généralement une bonne porte d’entrée pour recevoir une aide adaptée. Il devrait être en mesure de vous offrir un suivi médical et de vous référer au besoin à un autre professionnel, comme un psychiatre ou un psychologue. Vous pouvez aussi prendre les devants afin de trouver ce qui vous convient en matière de soutien. Voici quelques informations qui pourront vous aider à mieux choisir dans le cas où vous sentiriez le besoin de consulter directement un thérapeute, ce que vous pouvez faire en privé ou dans le réseau public, avec ou sans la référence d’un médecin.

L’impact des tabous

Les tabous entourant des difficultés d’ordre psychologique sont tenaces et constituent souvent une barrière à l’obtention de soins : par peur d’être jugé, on néglige de consulter. De plus, les symptômes sont souvent subtils, pernicieux : quelque chose ne va pas, mais quoi ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’apparition d’un trouble de santé mentale : la situation actuelle (un travail stressant et peu valorisant, un accident ou une consommation illicite par exemple), la génétique et l’histoire personnelle et familiale. Les troubles eux-mêmes sont très différents les uns des autres et ont des conséquences variées sur le fonctionnement d’une personne.

Pour recevoir de bons soins, il est préférable, comme pour toute affection ou maladie, d’avoir un bon diagnostic. C’est le rôle du médecin généraliste ou du psychiatre, ce dernier étant spécialisé en santé mentale. Le traitement prodigué consiste généralement à prescrire une médication appropriée et une thérapie si cela est jugé nécessaire. Ce suivi pourra être assuré par un service public (CLSC ou clinique externe) ou privé, selon la condition (et les moyens) du patient. Un médecin doit toutefois assurer le suivi de la médication prescrite. Le besoin de consulter un spécialiste peut faire peur de prime abord, mais ne signifie nullement qu’on soit devenu fou…

Consulter un psychologue

Le psychologue peut être un très bon allié afin de retrouver un équilibre. Quand on pense au «psy», on peut penser à cette personne inaccessible, peut-être même un peu froide, qui nous analyse. Au contraire, on peut aussi imaginer une personne exceptionnellement dévouée qui passe sa journée à entendre les problèmes des gens qu’elle reçoit. Que se passe-t-il derrière cette porte close ?

D’abord quelques éléments de clarification. Contrairement au psychiatre, le psychologue n’est pas médecin. C’est un professionnel membre de l’Ordre des psychologues du Québec, ordre qui veille à la qualité de la formation et des services offerts par ses membres. Pour en devenir membre, il faut avoir complété une formation de niveau maîtrise ou doctoral (le doctorat est obligatoire depuis quelques années). Une majorité de psychologues pratiquent la psychothérapie en privé ou dans le milieu de la santé et offrent des soins individuels, de couple ou de groupe.

N’étant pas médecin, le psychologue ne prescrit pas de médication. Il s’intéresse particulièrement aux comportements, aux émotions et aux pensées des personnes qui le consultent. Il travaille donc principalement, à l’aide du dialogue, sur les problèmes qui préoccupent le client. La psychothérapie vise à diminuer la détresse, à identifier les difficultés et les ressources de la personne, et à amener les changements nécessaires afin qu’elle retrouve un meilleur fonctionnement. Non, ce n’est pas l’équivalent de se parler à soi-même dans le miroir !

De multiples approches sont reconnues comme efficaces et il serait trop long de les aborder toutes ici. Il faut savoir simplement que certaines approches sont plus centrées sur les comportements et les pensées actuelles qui posent problème, tandis que d’autres vont davantage explorer le passé ou les émotions. Dans le cas d’une difficulté très ciblée, les approches de thérapie à court terme vont privilégier un traitement de 10 à 20 semaines. Le travail doit être d’une durée plus longue lorsque plusieurs aspects de la vie de la personne sont concernés. Il sera parfois utile au psychologue d’orienter son client vers un généraliste ou un psychiatre afin de clarifier le diagnostic ou de compléter le traitement par une médication.

Psychologue ou psychothérapeute ?

Actuellement, le psychothérapeute est une personne qui dit pratiquer la psychothérapie, que sa formation et son approche soient reconnues ou non. Le titre de psychothérapeute au Québec, comme dans la plupart des pays occidentaux, n’est pas réglementé à ce jour. Les professionnels qui font de la psychothérapie sont nombreux : médecins, psychologues, ergothérapeutes, infirmiers, travailleurs sociaux et conseillers en orientation, sans compter plusieurs autres intervenants qui ont une pratique sérieuse. On peut conclure qu’un nombre considérable de psychothérapeutes qui ne sont pas psychologues sont des intervenants expérimentés et fiables.

Les psychologues, comme les autres professionnels de la santé, sont tenus par leur code de déontologie de respecter des règles afin d’assurer la sécurité ainsi que la qualité des soins. Certaines personnes, bien intentionnées ou non, peuvent se désigner psychothérapeutes sans toutefois avoir de formation pertinente ou suffisante pour détecter et traiter les problèmes de manière adéquate.

Les conséquences peuvent être graves, car les personnes qui consultent risquent d’être vulnérables et leur sens critique moins affûté. Puisqu’il est difficile de s’y retrouver pour les gens peu familiers avec ces pratiques, il est recommandé de faire appel à un ou une thérapeute qui soit membre accrédité de l’une des professions mentionnées plus haut.

La confiance avant tout

Au-delà de ces considérations, soulignons l’importance de la qualité du lien qui se crée entre un thérapeute et son client. Il est démontré que l’efficacité repose davantage sur le lien de confiance qui s’établit dans la relation thérapeutique que sur le titre ou l’approche utilisée par le thérapeute. Il est donc essentiel de prendre le temps de choisir un professionnel qui nous inspire cette confiance. C’est grâce à la qualité de la relation que pourra naître le sentiment de sécurité nécessaire à la guérison des blessures de l’âme.

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