Vivre avec une personne en difficulté

Il peut être plus ou moins éprouvant pour l’entourage de voir souffrir une personne chère. Lorsqu’il s’agit d’une maladie mentale, s’ajoute à l’épreuve le poids du tabou et de l’incompréhension.

Il est difficile de sentir qu’on ne reconnaît plus tout à fait la personne à cause de ses réactions et de ses comportements étranges, irréfléchis, et parfois désespérés. Cela peut entraîner du découragement, de la peur, de la tristesse, de l’impatience, voir de la colère, du dégoût et l’envie de s’éloigner.

Plus le trouble est sévère, plus il implique de changements et de « bizarrerie » dans le contact avec les autres et avec la réalité ; je pense à la schizophrénie par exemple. Le coup porté aux relations sera d’autant plus important. Il le sera encore davantage si la personne refuse de s’engager dans une démarche de soins.

J’ai regardé avec intérêt un film qui s’intitule Lars and the real girl qui porte sur ce thème. Il s’agit d’un film rempli d’une rare sensibilité. Il raconte l’histoire de Lars, un homme incapable de relations sociales qui vit un épisode délirant : un jour il présente à son frère et à sa belle-sœur sa nouvelle amie de cœur, une poupée à dimension humaine. Il lui parle et est en relation avec elle un peu comme un enfant avec un ami imaginaire.

On découvrira à travers cette histoire une chose trop souvent oubliée : que « la maladie mentale n’est pas seulement une maladie » comme le dit le médecin dans une très belle scène « ça peut être aussi une façon de communiquer, de résoudre quelque chose » (traduction libre).

Cela est évidemment difficile à comprendre pour l’entourage, mais surtout ce sera difficile d’accepter la réalité du délire et de vivre avec de manière créative. Pour ce faire il auront besoin du médecin (on en voudrait davantage des comme ça !) et de la communauté.

Ce film correspond en fait à une vision très positive de la maladie mentale dans laquelle cette épreuve, si elle est bien traversée, sert à réparer : se parler vraiment, se pardonner à soi-même, réparer des liens, vivre un deuil, etc.

L’isolement fait des ravages pour les personnes qui doivent traverser ce type d’épreuve : cela est beaucoup trop lourd pour une ou deux personnes. Il est inévitable de se sentir dépassé. La personne malade a besoin d’aide, mais son entourage aussi.

De nombreux organismes dont la mission est d’offrir du soutien et de donner de l’information aux familles existent à travers le Québec. Vous pouvez obtenir leurs coordonnées sur le site de la Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM).

juin 10 2008 | La psycho au quotidien | Aucun commentaire »

La peur et l’empathie culturelle

Je ne suis toujours pas parvenue à la fin du rapport Bouchard-Taylor, qui constitue une lecture demandant toutes mes capacités intellectuelles par sa complexité et sa précision.

Ce que j’ai lu me semble juste, mesuré, nuancé, et offrir des pistes importantes de réflexion sur les rapports interculturels. Détentrice d’une maîtrise portant sur ce domaine je suis impressionnée par la rigueur et le doigté avec lequel les deux signataires abordent ces questions épineuses qui touchent les identités culturelles, les valeurs et les comportements qui s’entre-choquent dans ce type de rapports sociaux.

Ce qui me sidère par contre, c’est la rapidité avec laquelle les politiciens ont fait des déclarations importantes dans ce dossier (voir entre autres, l’édition du 23 mai du Devoir pour des articles complets sur cette question) : par exemple, les décisions concernant la place du crucifix à l’Assemblée Nationale, la prière dans les conseils municipaux, etc. Cela tient de la précipitation, à mon avis.

Cette attitude correspond tout à fait à ce que notent les deux commissaires au début de leur rapport :

“Les Québécois d’origine canadienne-française doivent être plus conscients des répercussions de leurs inquiétudes auprès des groupes minoritaires. Ces derniers ont sans aucun doute été alertés récemment par l’image d’une majorité ethnoculturelle apparemment peu sûre d’elle-même et sujette à des mouvements d’humeur.” (p.21)

Cette condition constitue pour eux une prémisse de base afin de parvenir à “conjuguer les différences culturelles” (p.21). Parmi ces conditions, je note aussi celle de ne pas céder à la peur ou au rejet de l’autre ainsi que celle de lutter contre les inégalités et la pauvreté. Cette dernière condition prend tout son sens lorsqu’on constate ce qui se passe présentement en Afrique du Sud, où des travailleurs migrants sont assassinés car ils sont accusés de voler les emplois. Il s’agit évidemment d’un tout autre contexte dans lequel la pauvreté est beaucoup plus criante.

Il faut cependant retenir que la peur et la colère peuvent mener à bien des dérives, qu’il s’agisse des rapports entre les individus ou entre les groupes. Ces émotions puissantes entraînent une diminution importante de la capacité d’empathie qui, en plus d’une bonne connaissance de la culture et une bonne confiance en soi, est une des conditions essentielles à de bons rapports entre les cultures.

Certains politiciens semblent peu au fait de ces nuances et confondent “aplatventrisme” avec empathie. Ils sont subjugués par l’action au détriment de la réflexion et surtout au détriment du dialogue auquel nous convient Bouchard et Taylor dans leur texte.

mai 27 2008 | Relations interculturelles and La psycho au quotidien | Aucun commentaire »

À venir…

Je me mets à la lecture du rapport Bouchard-Taylor… il fait tout de même 310 pages !

On a pas fini d’en entendre parler, ça vaut la peine de savoir de quoi il s’agit.

En attendant, je viens de découvrir un blogue (écrit en anglais par un francophone) sur les rapports entre francos et anglos au Canada. Je vous invite à le visiter ici. Faut pas se fier au titre, bien que le sujet ait un potentiel explosif, les débats sont civilisés. Intéressant.

mai 22 2008 | Relations interculturelles | Aucun commentaire »

En l’honneur des femmes

Je n’ai encore jamais parlé de mon intérêt pour les relations interculturelles et pour tout ce qui se passe dans le monde qui nous entoure. Lire ici : ce qu’on appelle parfois le “tiers monde”, expression consacrée qui représente si peu sa réalité.

On a peu de contacts et d’informations sur ce “monde” dans les informations traditionnelles alors que de multiples projets s’y déroulent de manière constante. Voici une autre forme d’information, il s’agit en fait d’un projet artistique nommé Women are Heroes ! mené par le photographe JR en collaboration avec Médecins Sans Frontières.

Voici un extrait du dossier de presse :

“Au départ : un intérêt commun, celui d’honorer le sort des femmes à la fois fortes et vulnérables, qui occupent une position centrale dans toutes situations y compris les crises humanitaires les plus aiguës. Une volonté partagée ensuite : celle de s’associer pour mettre en avant ces femmes qui déploient une force extraordinaire pour assurer la survie de leurs proches et qui font preuve d’une farouche volonté de s’en sortir.
Pour se faire, JR est parti photographier ces femmes à l’objectif 28 millimètres dans leur vie quotidienne au Kenya, au Sud-Soudan, au Sierra Leone et au Libéria. L’expressivité des portraits obtenus témoigne de la force, du courage et de l’envie de se battre qui les animent pour vivre, et exister. Aussi, avant de les afficher sur les murs du centre-ville de Bruxelles, JR et son équipe sont d’abord retournés sur le terrain pour coller le portrait de ces femmes au milieu des leurs, en Sierra Leone (Bo) et au Liberia (Monrovia).”

Ces portraits gigantesques ne manquent pas de faire réagir et toutes les photos sont disponibles sur le site ainsi que les témoignages (parfois très durs, parfois touchants) des femmes au sujet de leur histoire et de leur réalité.

Cette présence au cœur de nos villes occidentales (car il exposera ailleurs dans le monde) peut aussi servir à nous rappeler que nous vivons tous sur la même planète, chose que le petit écran nous fait trop souvent oublier.

mai 06 2008 | Relations interculturelles | Aucun commentaire »

Liens entre cerveau et psychothérapie

Je suis restée trop longtemps sans mettre à jour mon site. Il s’agit d’une discipline que je trouve plus difficile à acquérir que prévu !

J’ai ajouté aujourd’hui un lien vers un site que je trouve fort pertinent : Le cerveau à tous les niveaux (voir ma blogoliste). Il s’agit d’un site de référence sur lequel vous pourrez trouver des explications claires et concrètes au sujet de différents phénomènes liés à l’activité cérébrale : le langage, le mouvement, les émotions, la dépression et l’anxiété, et j’en passe. Notez que vous pouvez choisir le niveau de précision des informations en cliquant sur des onglets “débutant”, “intermédiaire” ou “avancé”.

Je reviendrai sans doute sur ces thèmes puisqu’un tout nouveau courant de pointe en psychothérapie vise non seulement à mieux comprendre les liens entre le cerveau et les difficultés qu’une personne présente, mais à comprendre comment la psychothérapie agit sur le cerveau pour réparer les blessures du Soi.

Une conférence internationale se tiendra à ce sujet du 25 au 28 juillet à Montréal, Québec, dont le thème sera “Le Soi et ses conflits“. D’autres conférences sur ce thème viendront, notamment au Colloque de l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) qui se tiendra à l’automne ainsi que par le groupe de recherche en neurogestalt du Centre d’intervention gestaltiste (CIG).

Étant donné que mon intérêt pour la vulgarisation se précise de plus en plus, je tenterai de transmettre graduellement ces connaissances de pointe.

En attendant, le site mentionné plus haut est une source précieuse d’informations pour les personnes désireuses de mieux comprendre d’un point de vue physiologique ce qui ce passe en elles.

avril 25 2008 | Le cerveau and La psychothérapie | Aucun commentaire »

La vie quotidienne et… le sexe

Une étude américaine qui pourrait paraître plutôt cocasse mais qui s’avère sérieuse démontre que “les hommes qui partagent les tâches ménagères améliorent l’harmonie au sein de leur couple et pourraient avoir une vie sexuelle plus satisfaisante” (La Presse, le 6 mars 2008). Si les tensions dans un couple sont souvent causées par la vie quotidienne et le partage des tâches, l’harmonie, elle, se reflète souvent dans la qualité de la vie sexuelle du couple.

«Quand les hommes font plus de travaux à la maison, la perception des femmes concernant l’équité et la satisfaction matrimoniale augmentent, et le couple traverse moins de conflits», selon le rapport publié récemment par le Council on Contemporary Families (CCF). Il aurait ainsi moins de risque de divorce.

Ainsi, «les femmes disent ressentir plus d’attirance sexuelle et plus d’affection envers leurs maris s’ils participent aux tâches ménagères» précise plus loin Joshua Coleman, psychologue :

“Equitable sharing of housework is associated with higher levels of marital satisfaction — and sometimes more sex too! Wives report greater feelings of sexual interest and affection for husbands who participate in housework.”

Mais attention : il serait crucial par ailleurs lorsqu’il y a des enfants de préserver des moments pour favoriser la vitalité du couple. Ainsi, autant il est important de passer du temps avec les enfants, autant il est crucial pour la vie à deux de se réserver des moments afin de nourrir la complicité dans le couple.

Il faut donc développer un sens de l’organisation à toute épreuve pour, en plus du travail, partager les tâches ménagères, passer du temps avec les enfants et se réserver des moments à deux, sans oublier la famille et les amis… et ne pas s’oublier soi-même dans tout ça !

Cela peut paraître essouflant, mais selon les principes de la médecine chinoise, prendre soin de sa vie sexuelle fait aussi partie d’une bonne « hygiène de vie » : « l’énergie sexuelle qui est contenue et élaborée par les ovaires et les testicules est un de nos grands réservoirs d’énergie vitale. Sachant contacter cette énergie, nous apprenons à nous régénérer pour entretenir les forces dont nous avons besoin pour vivre » (Dr Flaumenbaum, Femme désirée, femme désirante, Payot, 2006).

Selon cette logique, consacrer du temps à votre couple et à faire l’amour vous aidera à traverser les épreuves de la vie quotidienne en vous donnant davantage d’énergie, et le partage des tâches devrait aider les deux partenaires à en avoir l’envie… quel beau cercle “vicieux” !

Bon ménage du printemps !

mars 16 2008 | La psycho au quotidien | Aucun commentaire »

Psychothérapeute : un titre bientôt réservé

Depuis plusieurs années, l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) ainsi que d’autres ordres professionnels et associations concernées se penchent sur la manière adéquate de régir la pratique de la psychothérapie. Jusqu’à maintenant en effet, n’importe qui peut s’afficher psychothérapeute, peu importe ses compétences, sa formation, son expérience professionnelle. Avec la loi 50 cela ne sera plus possible, ce qui est une très bonne nouvelle pour le public.

Les personnes qui pourront porter le titre de psychothérapeute auront à obtenir un permis de pratique qui sera délivré par l’OPQ. Une formation suffisante et reconnue sera exigée ainsi qu’un certain nombre d’heures de pratique supervisée par un professionnel reconnu.

Attention : cette loi n’est cependant pas encore adoptée et il faudra encore quelques années avant que le long processus ne soit complété ; dans l’article du Devoir d’aujourd’hui, on parle de trois ans (voir l’article de Mme Rioux Souci).

D’ici là, comment faire pour choisir un psychothérapeute ? Il s’agit préférablement d’obtenir une référence de la part d’un professionnel comme un médecin par exemple ou de la part de personnes qui consultent et en qui vous avez confiance. Sinon, voici des services de référence qu’il est possible de contacter : l’Ordre des Psychologues du Québec ; la Société Québécoise des psychothérapeutes professionnels ; l’Ordre des travailleurs sociaux et l’Ordre des conseillers en orientation et psychoéducateurs du Québec.

MAJ:

Pour consulter le mémoire de l’ordre des psychologues présenté à l’Assemblée Nationale (document pdf d’une quinzaine de pages : très clair !).

Pour visualiser l’audience à l’Assemblée Nationale du Québec concernant l’application de la loi 50 (présentation de 15 min par Rose-Marie Charest, présidente de l’OPQ suivie d’une période de questions, pour une durée totale de 50 minutes).

À la lecture (et à l’écoute) de ces documents et malgré ma connaissance du processus en cours, je suis impressionnée de l’ampleur du travail qui a été effectué et de l’ouverture dont ont fait preuve les 6 ordres professionnels qui sont impliqués. Par ailleurs, je suis un peu sceptique lorsque je vois que :

“Puisque le public associe déjà le psychologue et le médecin à l’exercice de la psychothérapie,
ces derniers ne seront pas tenus de porter le titre de psychothérapeute. Tout autre
professionnel devra faire précéder son titre de psychothérapeute de son premier
titre professionnel, par exemple « infirmière psychothérapeute ». De cette façon, le
public sera mieux informé.”

Je trouve que tous les professionnels devraient avoir à montrer le même niveau de compétence et donc avoir aussi à informer le public en portant un titre précis qui l’indique sans équivoque tel que recommandait le rapport Trudeau (p. 100) :

“Concernant la réserve du titre de psychothérapeute, le Comité d’experts propose :
− que le titre soit réservé;
− que le psychothérapeute fasse obligatoirement précéder le titre de psychothérapeute de son titre professionnel initial (ex. : ergothérapeute psychothérapeute);
− que le médecin et le psychologue, lorsqu’ils choisissent d’utiliser le titre de psychothérapeute, fassent obligatoirement précéder le titre de psychothérapeute de leur titre pro-fessionnel, soit « médecin psychothérapeute » et « psychologue psychothérapeute ».

On devrait donc voir aussi “psychologue psychothérapeute” et “psychiatre psychothérapeute” ! Trop de médecins et beaucoup de psychologues, par ailleurs compétents dans leur domaine, ne pratiquent pas la psychothérapie (n’y sont pas formés) pour que cette confusion soit maintenue.

mars 11 2008 | La psychothérapie | Aucun commentaire »

Les antidépresseurs, en prendre ou pas ?

Un article paru dans Le Devoir du 18 janvier 2008 aborde les enjeux entourant la publication des études scientifiques démontrant l’efficacité (ou l’inefficacité) scientifique des antidépresseurs. On y indique que les compagnies pharmaceutiques ont tendance, pour des raisons économiques évidentes, à publier davantage les résultats positifs des études que les résultats négatifs. Ainsi, seulement 11% des études qui révélaient des résultats négatifs ou discutables auraient été publiées. Ces études révéleraient que ces médicaments auraient un efficacité peu élevée, un peu comme un placebo.

Les antidépresseurs ne seraient donc pas incontestablement efficaces. Sans doute. Comment décider alors d’en prendre ou non, lorsqu’on se les fait prescrire ? Mes clients prennent leur décision en fonction de leur propre volonté, ce que j’encourage. Certains y sont favorables et acceptent de les prendre par confiance envers leur médecin, parce qu’ils veulent aller mieux plus rapidement. Pour d’autres, la signification associée au fait de consommer un médicament est trop dévastatrice : “je suis donc vraiment malade”. D’autres encore vont préférer se tourner vers des alternatives comme les Omega 3, la méditation, un peu à la manière préconisée par David Servan-Shreiber dans Guérir le stress et l’anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse (Éd. Robert Laffont, 2003).

Les anti-dépresseurs doivent être pris suite à un diagnostic sérieux (pas une entrevue de 10 minutes), avec un suivi adéquat (régulier, surtout au début du traitement) ce qui permet de réduire les risques qu’ils comportent et de favoriser la meilleure évolution possible pour la personne. Ils ne doivent pas être banalisés car ce ne sont pas des médicaments qui ont une action simple comme l’aspirine par exemple. Ils ne peuvent être débutés, ni abandonnés d’ailleurs, sans protocole. Le médecin de famille ou le psychiatre est le mieux placé pour déterminer ce protocole et en convenir avec vous en fonction de l’évolution de vos symptômes. Malheureusement, trop peu de gens ont un médecin de famille, mais ça, c’est une autre histoire.

janvier 25 2008 | Le cerveau | 1 commentaire »

Bloguer c’est anti-psy !

À la lecture de l’essai Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires (collectif dirigé par Claude Malaison aux éditions Isabelle Quintin, 2007), je prends conscience de l’univers dans lequel je fais mes premiers pas. J’écris ces lignes avec un doute qui m’assaille : serais-je lue ? Si non, c’est dommage parce que c’est le but de l’exercice. Si oui par contre, c’est peut-être pire !

Pire ? Oui, puisque je me retrouve en plein cœur d’un paradoxe. Je m’expose à vous, alors que mon métier de thérapeute, par définition, demande de la neutralité, une capacité de contenir le « je » afin que la personne qui consulte puisse avoir de la place pour installer sa propre couleur dans la relation (c’est ce qu’on appelle le transfert).

Un autre élément est celui de la « culture » du milieu de la santé, très peu techno, généralement peu branchée. Le professeur de psychologie au cégep c’est toujours celui qui n’arrive pas à faire fonctionner ses appareils quand vient le temps de présenter un film par exemple.

J’ai été de ceux-là dans ma première expérience d’enseignement. J’ai même fait éteindre les ordinateurs portables des étudiants des HEC Montréal à leur
grand désarroi ! C’est qu’en tant qu’experts du contact, du dialogue, il apparaît peu naturel de passer un message à travers un médium qui met autant de distance entre l’émetteur et le récepteur.

Alors pourquoi transgresser ces barrières et décider d’apparaître sur la toile ?

  • Pour partager ma passion à l’égard de mon métier en transmettant mes nouvelles découvertes, en donnant de l’information, en vulgarisant.
  • Pour me faire connaître, offrir mes services. Bien que travaillant depuis plusieurs années dans le domaine, je pratique en privé depuis un an. J’ai des disponibilités pour accueillir de la clientèle.
  • Pour apprendre. En utilisant mes connaissances, en les écrivant, en les clarifiant pour vous, je m’offre un autre moyen d’intégrer et d’approfondir mon savoir. C’est un métier dans lequel on n’a jamais fini d’apprendre.
  • Pour « réseauter », créer des liens professionnels. Échanger avec des praticiens qui ont des intérêts semblables aux miens ou alors qui sont en désaccord avec ce que j’avance. On est parfois si seuls dans nos bureaux…

Puis, il y a Sylvain Carle qui nous dit dans le même livre, que s’avancer sur le net consiste à construire graduellement une identité médiatique qui correspond à ce qu’on choisit de transmettre comme auteur. Il s’agira pour moi de trouver le ton juste, ce qui évoluera sans-doute avec le temps !


 

décembre 07 2007 | La psycho au quotidien | 9 commentaires »