Des vacances ou un burnout ? Avant de dépasser ses limites

Paru dans le Magazine Speed, été 2008.

S’il est un sujet délicat, c’est bien celui de la santé mentale : sujet de crainte devant l’inconnu et de honte. On croit trop souvent que la volonté devrait triompher de tout, qu’il devrait être facile de se montrer à la hauteur des exigences de la vie quotidienne et du travail. Attention! Trop, c’est trop. La détresse psychologique s’installe sournoisement, le plus souvent à votre insu.

Toujours plus vite et mieux
Avec les transports et les communications qui abolissent les distances, tout est devenu plus rapide dans le monde où nous vivons. D’une part, il s’agit d’une bonne chose puisqu’en donnant aux relations d’affaires et aux relations humaines une étendue jamais vue auparavant, le travail en est rendu plus efficace. Par ailleurs, la compétition est plus féroce et les exigences patronales et sociales suivent cette tendance.

Une étude récente donne un exemple frappant de cette accélération : depuis 1990, la vitesse de marche dans les villes de la planète aurait augmenté en moyenne de 10 %. Il s’agit là d’une image saisissante qui illustre l’impact de notre mode de vie et de notre conception du temps sur notre rythme corporel. Notre cœur battrait-il plus vite en moyenne qu’il y a dix ans?

En outre, la surcharge de travail et l’absence de marge d’erreur imposent des objectifs de perfection et d’infaillibilité souvent déraisonnables et difficilement atteignables. Les heures s’allongent, les appels sont incessants, sans parler des courriels. Les entreprises se retrouvent souvent dans un contexte de rationalisation, de fusion ou de croissance anarchique. Certains craignent de perdre leur poste et se soumettent à des pressions afin de satisfaire des exigences de plus en plus élevées, et ce parfois jusqu’au harcèlement. On pourrait également ajouter les impacts sur la qualité de vie personnelle, sociale et familiale, car ce sont aussi des domaines dans lesquels l’individu cultive des exigences de réussite élevées.

Bref, on doit trop souvent fonctionner en mode d’urgence, sans avoir le temps de planifier, de s’organiser, ou même de se calmer. De plus en plus d’études démontrent l’existence de liens entre ce mode de vie et plusieurs problèmes de santé.

Le stress : ami ou ennemi?
Jusqu’à un certain point, le stress, en produisant les réactions physiques d’adaptation, amène le corps à répondre de manière adéquate aux situations. Il n’est pas rare en effet de se sentir plus productif, plus attentif et efficace sous un certain stress. Le temps durant lequel le corps est capable de tolérer ce niveau de stress est cependant assez court. De plus, l’accumulation de sources variées de stress ou la prolongation de celui-ci peuvent être dommageables.

En réponse au stress, le corps produit une hormone, le cortisol. Cette hormone permet de générer l’énergie nécessaire pour susciter des comportements de peur (figer), de fuite ou d’attaque. En cas de stress chronique, ces réponses de l’organisme peuvent devenir erratiques et provoquer la dépression, l’anxiété et même le suicide. Ces impacts peuvent aussi affecter la santé physique : maladies cardiaques, cutanées, troubles digestifs, douleurs chroniques, etc.

Besoin de vacances
C’est trop exiger des vacances que de s’attendre à ce qu’elles réparent les effets du stress et de l’épuisement vécus durant l’année. Cela dit, vous n’êtes pas impuissant face au stress prolongé, au contraire. Deux options s’offrent à vous : réduire les sources de stress (éteindre le téléphone cellulaire, résoudre les conflits, se fixer des objectifs clairs et réalistes, etc.) et améliorer votre façon d’y faire face (apprendre à respirer, modifier ses pensées négatives, faire une chose à la fois, etc.).

On compte trop souvent sur les vacances pour briser ce rythme effréné et réduire le stress. Les vacances, c’est l’arrêt du travail pendant deux semaines ou plus, pour ceux qui en ont la chance. Certains par contre n’en ressentent ni le besoin ni l’utilité; pour ceux-là, il s’agit d’un vide qu’ils ne savent pas comment remplir. Pour d’autres, les vacances sont une telle nécessité qu’ils les veulent parfaites, reposantes et sans accrocs… et ils sont souvent déçus!

Préparez vos vacances mais ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier: tout au long de l’année, cultivez des intérêts variés et récupérez graduellement en fonction de vos besoins et de vos limites personnelles. Vous pourrez alors commencer vos vacances avec l’énergie et l’enthousiasme pour en profiter.

LES MOYENS À PRIVILÉGIER

  • Tracer une limite claire entre le travail et la vie personnelle;
  • Éviter de s’isoler ;
  • Accepter de se faire encourager par les autres;
  • Éviter de se comparer aux autres;
  • Se donner des objectifs réalistes et les respecter;
  • Apprendre à dire non;
  • Pratiquer une activité sportive agréable;
  • Prendre le temps de bien manger et de bien respirer.
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