Vivre avec une personne en difficulté

Il peut être plus ou moins éprouvant pour l’entourage de voir souffrir une personne chère. Lorsqu’il s’agit d’une maladie mentale, s’ajoute à l’épreuve le poids du tabou et de l’incompréhension.

Il est difficile de sentir qu’on ne reconnaît plus tout à fait la personne à cause de ses réactions et de ses comportements étranges, irréfléchis, et parfois désespérés. Cela peut entraîner du découragement, de la peur, de la tristesse, de l’impatience, voir de la colère, du dégoût et l’envie de s’éloigner.

Plus le trouble est sévère, plus il implique de changements et de « bizarrerie » dans le contact avec les autres et avec la réalité ; je pense à la schizophrénie par exemple. Le coup porté aux relations sera d’autant plus important. Il le sera encore davantage si la personne refuse de s’engager dans une démarche de soins.

J’ai regardé avec intérêt un film qui s’intitule Lars and the real girl qui porte sur ce thème. Il s’agit d’un film rempli d’une rare sensibilité. Il raconte l’histoire de Lars, un homme incapable de relations sociales qui vit un épisode délirant : un jour il présente à son frère et à sa belle-sœur sa nouvelle amie de cœur, une poupée à dimension humaine. Il lui parle et est en relation avec elle un peu comme un enfant avec un ami imaginaire.

On découvrira à travers cette histoire une chose trop souvent oubliée : que « la maladie mentale n’est pas seulement une maladie » comme le dit le médecin dans une très belle scène « ça peut être aussi une façon de communiquer, de résoudre quelque chose » (traduction libre).

Cela est évidemment difficile à comprendre pour l’entourage, mais surtout ce sera difficile d’accepter la réalité du délire et de vivre avec de manière créative. Pour ce faire il auront besoin du médecin (on en voudrait davantage des comme ça !) et de la communauté.

Ce film correspond en fait à une vision très positive de la maladie mentale dans laquelle cette épreuve, si elle est bien traversée, sert à réparer : se parler vraiment, se pardonner à soi-même, réparer des liens, vivre un deuil, etc.

L’isolement fait des ravages pour les personnes qui doivent traverser ce type d’épreuve : cela est beaucoup trop lourd pour une ou deux personnes. Il est inévitable de se sentir dépassé. La personne malade a besoin d’aide, mais son entourage aussi.

De nombreux organismes dont la mission est d’offrir du soutien et de donner de l’information aux familles existent à travers le Québec. Vous pouvez obtenir leurs coordonnées sur le site de la Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM).

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