Les antidépresseurs, en prendre ou pas ?

Un article paru dans Le Devoir du 18 janvier 2008 aborde les enjeux entourant la publication des études scientifiques démontrant l’efficacité (ou l’inefficacité) scientifique des antidépresseurs. On y indique que les compagnies pharmaceutiques ont tendance, pour des raisons économiques évidentes, à publier davantage les résultats positifs des études que les résultats négatifs. Ainsi, seulement 11% des études qui révélaient des résultats négatifs ou discutables auraient été publiées. Ces études révéleraient que ces médicaments auraient un efficacité peu élevée, un peu comme un placebo.

Les antidépresseurs ne seraient donc pas incontestablement efficaces. Sans doute. Comment décider alors d’en prendre ou non, lorsqu’on se les fait prescrire ? Mes clients prennent leur décision en fonction de leur propre volonté, ce que j’encourage. Certains y sont favorables et acceptent de les prendre par confiance envers leur médecin, parce qu’ils veulent aller mieux plus rapidement. Pour d’autres, la signification associée au fait de consommer un médicament est trop dévastatrice : “je suis donc vraiment malade”. D’autres encore vont préférer se tourner vers des alternatives comme les Omega 3, la méditation, un peu à la manière préconisée par David Servan-Shreiber dans Guérir le stress et l’anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse (Éd. Robert Laffont, 2003).

Les anti-dépresseurs doivent être pris suite à un diagnostic sérieux (pas une entrevue de 10 minutes), avec un suivi adéquat (régulier, surtout au début du traitement) ce qui permet de réduire les risques qu’ils comportent et de favoriser la meilleure évolution possible pour la personne. Ils ne doivent pas être banalisés car ce ne sont pas des médicaments qui ont une action simple comme l’aspirine par exemple. Ils ne peuvent être débutés, ni abandonnés d’ailleurs, sans protocole. Le médecin de famille ou le psychiatre est le mieux placé pour déterminer ce protocole et en convenir avec vous en fonction de l’évolution de vos symptômes. Malheureusement, trop peu de gens ont un médecin de famille, mais ça, c’est une autre histoire.

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